Normes et réglementation
Normes et réglementation
C2PA, DDEX, l'AI Act européen et les lois d'étiquetage adoptées ailleurs dans le monde : ce que chacun établit réellement, où il s'arrête, et pourquoi le manifeste défend une échelle de déclaration plus simple.
Un premier langage commun de la provenance
Chaque titre qui arrive sur une plateforme de streaming voyage avec ses métadonnées, qui disent qui l'a fait, à qui il appartient et où va l'argent. Jusqu'à récemment, aucune ne disait quoi que ce soit de la façon dont il avait été fait. Or trois évolutions surviennent presque en même temps : les générateurs commencent à signer ce qu'ils produisent, la filière musicale s'est accordée sur un champ commun pour déclarer l'intervention de l'IA, et l'Union européenne a fait de la transparence une obligation légale. Prises ensemble, elles dessinent le premier langage commun de la provenance. Aucune n'est complète pour autant, et l'on gagne à savoir précisément où chacune s'arrête.
C2PA / Content Credentials
C2PA est un standard technique ouvert, maintenu par une coalition d'acteurs industriels, qui permet d'attacher à un fichier média des informations de provenance signées ; le public connaît l'enregistrement qui en résulte sous le nom de « Content Credentials ». La spécification en est à sa version 2.4, publiée en avril 2026, qui introduit notamment une assertion dédiée à la déclaration de l'IA et une sérialisation JSON des Content Credentials (spec.c2pa.org, v2.4).
Un manifeste C2PA réunit trois éléments. Les assertions, une ou plusieurs, sont des énoncés sur le fichier, du type « généré par l'outil X à la date Y » ; une déclaration (claim) les rassemble, et une signature cryptographique scelle l'ensemble. Qu'on modifie le fichier sans mettre le manifeste à jour, et la signature se rompt.
Dans la musique, Suno indique intégrer des Content Credentials aux fichiers téléchargés depuis son service, « une étiquette standard du secteur, lisible par les machines, qui voyage avec le fichier », et met à disposition un outil public de vérification des identifiants Suno (suno.com/safety, page mise à jour le 01/10/2026 ; suno.com/suno-credentials). Ces pages ne disent pas depuis quand il les intègre, et la date de janvier 2026, souvent reprise, n'a pas pu être vérifiée. Pour Udio, rien ne permet d'affirmer qu'il intègre des manifestes C2PA, d'autant qu'une vérification menée par un tiers en septembre 2026 n'en a trouvé aucun (Undetectr, 09/2026). Quant à l'idée, largement répandue, que Spotify, Apple Music ou Deezer liraient les manifestes C2PA à la réception des fichiers, aucune déclaration de ces plateformes ne la confirme à notre connaissance, et nous la tenons pour non vérifiée.
La signature établit qu'un fichier donné portait, au moment où il a été signé, un ensemble donné de déclarations, et qu'il n'a pas été modifié depuis. Pour la musique, elle offre donc à un générateur un moyen fiable de dire « ceci vient de moi ».
Sa portée s'arrête pourtant là, car C2PA signe la provenance telle qu'elle est déclarée à la source. La spécification elle-même précise qu'elle « NE DEVRAIT PAS porter de jugement de valeur sur le caractère “bon” ou “mauvais” d'un ensemble donné de données de provenance », et qu'elle se borne à vérifier que les assertions sont correctement formées et non altérées (spec.c2pa.org, v2.4). Il s'ensuit qu'un fichier sans manifeste ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l'autre, puisque la plupart des enregistrements humains ne portent aucune donnée C2PA et qu'un manifeste peut disparaître lors d'un simple réencodage. À l'inverse, un manifeste ne vaut que ce que vaut l'entité qui l'a signé, car il enregistre une déclaration et non une observation. Surtout, C2PA n'établit pas la provenance humaine, puisqu'il peut montrer qu'un fichier a été généré par un outil d'IA connu, mais jamais qu'il ne l'a pas été.
La déclaration de l'IA dans DDEX
DDEX est l'organisme qui normalise les échanges de métadonnées musicales entre labels, distributeurs et plateformes. Son format ERN (Electronic Release Notification) est le message par lequel une parution est livrée à un service de streaming, et sa version publiée la plus récente, ERN 4.3.2, permet d'indiquer qu'un enregistrement, ou une contribution individuelle à celui-ci, a été réalisé en tout ou en partie avec un outil d'IA générative (base de connaissances DDEX, ERN). Cette page ne donne pas la date de publication de la version 4.3.2, que nous n'avons pas pu vérifier. Les professionnels qui l'implémentent décrivent deux marqueurs, un indicateur ContainsAI attaché à la ressource, qui prend les valeurs All, Partly ou None (entièrement, en partie, pas du tout), et un rôle de contributeur GenerativeAI qui nomme l'outil (Sound Credit, 2026).
Les plateformes ont commencé à s'en servir. Spotify a annoncé le 25/09/2025 qu'il prendrait en charge le standard DDEX de déclaration de l'IA dans les crédits des titres (Spotify newsroom, 25/09/2025), et la version bêta a suivi le 16/04/2026, avec DistroKid pour premier distributeur partenaire. Les déclarations, qui portent sur la voix, les paroles, l'instrumentation ou la composition, apparaissent dans les crédits des titres sur mobile (Digital Music News, 22/04/2026 ; Rights Docket, 2026). Apple Music, de son côté, a lancé ses AI Transparency Tags le 04/03/2026, facultatifs à l'époque. Le 20/08/2026, Apple a annoncé que la déclaration deviendrait obligatoire lorsque l'IA a servi à créer une part substantielle d'un contenu, avec une étiquette « Made With AI » visible de tous les auditeurs, « plus tard cette année » ; au 03/10/2026, nous n'avions trouvé aucune date d'entrée en vigueur (MacRumors, 20/08/2026).
Par elle-même, cette déclaration ne prouve rien. Portée par le distributeur, elle est autodéclarée, laissée au choix de l'artiste ou du distributeur, et ne s'accompagne d'aucune preuve. Sa valeur tient à ce qu'elle est structurée, qu'elle voyage avec la parution et qu'elle peut être montrée aux auditeurs. Encore faut-il que les déposants la remplissent, car elle ne dit rien des titres pour lesquels ils choisissent de ne rien déclarer.
L'AI Act européen, article 50
L'article 50 du règlement (UE) 2024/1689, dit AI Act (le règlement européen sur l'intelligence artificielle), impose des obligations de transparence à certains systèmes d'IA, et deux de ses paragraphes touchent la musique. L'article 50, paragraphe 2, oblige les fournisseurs de systèmes qui génèrent des contenus de synthèse (audio, image, vidéo ou texte) à marquer leurs productions dans un format lisible par machine, afin qu'elles soient détectables comme générées ou manipulées artificiellement. L'article 50, paragraphe 4, s'adresse aux déployeurs, c'est-à-dire aux utilisateurs professionnels, qui doivent signaler les hypertrucages (deepfakes) et étiqueter les textes générés par IA publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt public ; les hypertrucages audio qui reproduisent la voix d'une personne réelle relèvent de ce paragraphe (FAQ de la Commission européenne sur l'article 50).
Est fournisseur celui qui développe un système d'IA et le met sur le marché de l'Union sous son propre nom ; est déployeur celui qui l'utilise à titre professionnel. Un générateur de musique est donc un fournisseur, tandis qu'un label ou un producteur qui se sert d'un générateur de voix est un déployeur, l'usage individuel et non professionnel restant hors du champ. L'obligation pèse ainsi sur le concepteur de l'outil et sur son utilisateur professionnel, non sur les plateformes de streaming en tant que telles, et elle n'oblige personne à documenter un processus de création humain.
Reste à savoir ce qu'est un hypertrucage en musique. La Commission le définit comme un contenu image, audio ou vidéo généré ou manipulé par IA, qui ressemble à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et pourrait passer à tort pour authentique. L'audio y figure explicitement, si bien qu'une voix clonée d'artiste réel, publiée comme si elle était la sienne, en relève. Pour les œuvres « manifestement artistiques, créatives, satiriques ou fictionnelles », l'obligation est allégée sans disparaître, le signalement devant alors se faire d'une manière qui ne gêne pas l'écoute (FAQ de la Commission européenne).
La Commission met aussi à disposition des icônes européennes destinées à signaler un contenu généré ou manipulé par IA. Leur usage est facultatif, alors que l'obligation de signalement ne l'est pas, et les signataires du code de bonnes pratiques s'engagent à en respecter les règles de placement. Dans tous les cas, le signalement doit être perceptible « au plus tard au moment de la première exposition » au contenu (Commission européenne, icônes de l'UE, mise à jour du 24/09/2026).
Le calendrier d'application
L'article 50 s'applique depuis le 02/08/2026 (FAQ de la Commission européenne), avec un report limité pour les systèmes génératifs déjà mis sur le marché avant le 02/08/2026 : pour eux, l'obligation de marquage lisible par machine de l'article 50, paragraphe 2, ne s'applique qu'à partir du 02/12/2026. Les obligations des déployeurs, prévues à l'article 50, paragraphe 4, n'ont pas été reportées (Morgan Lewis, 08/2026).
Deux instruments accompagnent le texte. Le premier est un code de bonnes pratiques volontaire sur la transparence des contenus générés par IA, publié le 10/06/2026, que la Commission a jugé adéquat le 08/07/2026 et le Comité européen de l'intelligence artificielle le 09/07/2026. Le second consiste en des lignes directrices de la Commission, publiées le 20/07/2026 (Reed Smith, 07/2026).
Les angles morts du règlement
L'article 50 s'en tient au marquage à la source et au signalement des hypertrucages. Il n'oblige pas les plateformes à afficher une étiquette « IA » sur chaque titre généré, ne dit pas comment la détection devrait être auditée et reste muet sur les œuvres hybrides. La première demande du manifeste, selon laquelle cette transparence doit arriver jusqu'aux écrans sur lesquels on écoute la musique, va donc au-delà de la lettre du règlement.
Ailleurs dans le monde
L'Union européenne n'est pas seule à légiférer. Plusieurs pays imposent désormais un marquage ou une étiquette sur les contenus générés par IA, audio compris, mais la charge ne repose pas partout sur les mêmes acteurs. En Chine et en Inde, ce sont les plateformes elles-mêmes qui doivent étiqueter, alors que dans l'Union, en Corée du Sud et en Californie, l'obligation pèse surtout sur les fournisseurs de systèmes d'IA.
| Territoire | Texte | En vigueur depuis | Obligations pour l'audio |
|---|---|---|---|
| Union européenne | AI Act, article 50 | 02/08/2026 (02/12/2026 pour le marquage des systèmes antérieurs) | Marquage lisible par machine à la charge des fournisseurs ; signalement des hypertrucages, voix clonées comprises, par les déployeurs professionnels. |
| Chine | Mesures sur l'identification des contenus générés ou synthétisés par IA | 01/09/2025 | Étiquette perceptible, qui prend pour l'audio la forme d'un message vocal ou d'un signal sonore au début, à la fin ou en cours d'écoute, et marquage dans les métadonnées, y compris par les plateformes de diffusion. |
| Corée du Sud | Loi-cadre sur l'intelligence artificielle | 22/01/2026 | Indication que le contenu a été produit par une IA générative, par un avis visible ou un marquage lisible par machine ; amendes pouvant atteindre 30 millions de wons, après une année de tolérance annoncée. |
| Inde | Amendement de 2026 aux règles sur les intermédiaires (IT Rules) | 20/02/2026 | Étiquetage « clair et visible » des contenus de synthèse par les plateformes, avec une mention sonore pour l'audio ; sur les grands réseaux sociaux, déclaration obligatoire de l'utilisateur, vérifiée par des outils automatiques. |
| Californie (États-Unis) | AI Transparency Act (SB 942), modifié par AB 853 | 02/08/2026 | Pour les fournisseurs comptant plus d'un million d'utilisateurs par mois, marquage caché dans les fichiers audio, mention visible proposée en option et outil de détection gratuit. |
| New York (États-Unis) | Loi sur la déclaration des interprètes de synthèse (Synthetic Performer Disclosure Law) | 09/06/2026 | Mention claire dans toute publicité où apparaît un interprète de synthèse ; le texte ne vise que la publicité. |
Les États-Unis
Aucune loi fédérale n'impose, aux États-Unis, d'étiqueter les contenus générés par IA, et deux textes sont en discussion au Congrès. Le NO FAKES Act créerait un droit fédéral sur sa voix et son apparence face aux répliques numériques, assorti d'une procédure de retrait et de contestation. Adopté à l'unanimité par la commission judiciaire du Sénat le 18/06/2026, il a pourtant été bloqué en séance le 30/09/2026, un sénateur, Ted Cruz, s'étant opposé à son adoption sans vote. L'AI Labeling Act, déposé au Sénat le 25/06/2026, n'en est qu'au premier stade ; il imposerait aux fournisseurs d'IA générative une mention visible et un marquage lisible par machine, et aux grandes plateformes le signalement des contenus IA.
Au niveau des États, la protection la plus directe pour les musiciens reste l'ELVIS Act du Tennessee, en vigueur depuis le 01/07/2024, qui protège la voix contre le clonage non autorisé. Un décret présidentiel du 11/12/2025 vise toutefois à contester les lois des États sur l'IA jugées trop contraignantes, même si nous n'avons trouvé, à ce jour, aucun recours engagé contre une loi d'étiquetage.
Le Royaume-Uni
Le gouvernement britannique l'écrit lui-même dans son rapport sur le droit d'auteur et l'IA du 18/03/2026 : « il n'existe au Royaume-Uni aucune obligation d'étiqueter les contenus générés par IA ». Il y propose de travailler avec le secteur sur les bonnes pratiques d'étiquetage, sans calendrier législatif, et d'étudier la création d'un droit sur les répliques numériques, qui couvrirait la voix et l'apparence. Le même rapport abandonne l'exception au droit d'auteur avec possibilité de retrait (opt-out) que le gouvernement privilégiait pour l'entraînement des IA. Une consultation sur les répliques numériques avait été annoncée pour l'été 2026, sans que nous ayons pu vérifier son lancement. Fin août 2026, plus de quatre-vingts artistes interprètes ont écrit au Premier ministre pour demander un droit légal sur leur voix.
Des textes encore en préparation
Au 03/10/2026, deux projets n'étaient pas encore adoptés. En Espagne, le projet de loi organique sur le bon usage et la gouvernance de l'IA, adopté en Conseil des ministres le 26/05/2026, est en discussion au Parlement et prévoit de lourdes amendes en cas de défaut d'étiquetage. Au Danemark, un projet de modification de la loi sur le droit d'auteur donnerait à chacun un droit sur sa voix et son apparence face aux imitations numériques réalistes, avec une protection propre aux artistes interprètes ; son entrée en vigueur était annoncée pour 2026, ce que nous n'avons pas pu vérifier.
Les organisations internationales
Aucune organisation internationale n'a adopté de règle contraignante sur la musique générée par IA. Jusqu'ici, elles mesurent, prennent position et préparent les standards de demain.
L'UNESCO a publié le 18/02/2026 son rapport mondial Re|Shaping Policies for Creativity, qui couvre plus de 120 pays. Il prévoit qu'en 2028 les contenus générés par IA pourraient faire perdre 24 % de leurs revenus aux créateurs de musique, et 21 % à ceux de l'audiovisuel, tandis que 79 % des professionnels de la culture interrogés y voient une menace. Quelques mois plus tôt, à Barcelone, les ministres de la Culture réunis pour la conférence MONDIACULT 2025 avaient adopté le 01/10/2025 une déclaration finale qui engage à « la reconnaissance et la protection appropriée des droits de propriété intellectuelle, y compris le droit d'auteur et les droits voisins », des artistes et des créateurs « dans le contexte de l'IA », à une rémunération juste et à une IA « transparente » dans le secteur culturel, qui renforce la capacité d'agir des humains. Aucun de ces textes n'est contraignant, et le cadre général reste la Recommandation de l'UNESCO sur l'éthique de l'IA, adoptée en novembre 2021.
À l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), l'IA générative est discutée au sein du comité permanent du droit d'auteur, qui a tenu une séance d'information consacrée au droit d'auteur et à l'IA générative lors de sa 48ᵉ session, en mai 2026, et l'organisation anime un cycle de « Conversations sur la propriété intellectuelle et les technologies de pointe ». À notre connaissance, aucun traité n'est en préparation.
La CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) a publié une étude, réalisée avec PMP Strategy, qui chiffre à près d'un quart la part des revenus des créateurs de musique menacée d'ici 2028, soit 10 milliards d'euros cumulés sur cinq ans. Elle y demande des obligations de transparence opposables, l'autorisation préalable des auteurs pour l'entraînement des modèles et une rémunération équitable. Nous revenons sur ces projections, et sur leurs limites, dans notre article consacré aux études d'impact.
Du côté de la normalisation, l'UIT, l'ISO et la CEI ont lancé en 2024 une collaboration sur les standards d'authenticité des contenus multimédias et d'IA (AMAS), à laquelle la C2PA est notamment associée. Elle recense les standards existants en cinq familles (provenance des contenus, confiance et authenticité, identifiants, déclarations de droits, tatouage numérique ou watermarking), et c'est là que se prépare le socle technique de l'étiquetage.
Reste le Conseil de l'Europe, dont la convention-cadre sur l'IA et les droits humains, ouverte à la signature en 2024, n'est pas encore entrée en vigueur. Il lui faut cinq ratifications, et l'Union européenne serait la seule à l'avoir ratifiée au 07/09/2026, d'après une source secondaire que nous n'avons pas pu vérifier. Le texte porte d'ailleurs sur les droits humains et la démocratie, non sur la musique en particulier.
Aucun de ces textes, au bout du compte, n'oblige un artiste à prouver que sa musique est humaine. Ils visent ce que produisent les outils d'IA et, pour les voix, les imitations de personnes réelles. Les étiquettes que l'on voit sur Deezer, TIDAL, YouTube ou bientôt Apple Music relèvent, elles, des politiques propres à chaque plateforme, que nous comparons dans les règles des plateformes.
Une échelle de déclaration simple
C2PA et l'AI Act traitent pour l'essentiel un titre comme « IA » ou « pas IA ». DDEX va plus loin et distingue déjà trois cas (tout, en partie, rien). Le manifeste demande que cette distinction devienne la règle, avec une échelle à trois niveaux que chaque artiste peut renseigner lui-même.
- Création humaine : la musique est composée, interprétée et produite par des personnes, avec les outils de studio habituels.
- IA assistée : un humain mène l'œuvre, et des outils d'IA, que l'on nomme, ont contribué à une partie (un son, un mastering, une ébauche).
- IA générée : le titre a été produit par un modèle génératif à partir d'une consigne (prompt) ou d'un matériau de départ.
Cette échelle rejoint ce que permet déjà ERN 4.3.2 (All / Partly / None) et ce que certaines plateformes ont commencé à afficher. Depuis le 01/07/2026, Traxsource étiquette chaque titre « Human-Made » ou « AI-Assisted » et retire la musique entièrement générée par IA ; ses étiquettes ne viennent pas de la déclaration de l'artiste mais de partenaires de détection (SH Labs, SoundPatrol), et une voie de contestation est ouverte aux fournisseurs qui contestent une étiquette (Decoded Magazine, 23/06/2026). Deezer signale les albums qui contiennent des titres entièrement générés par IA, et TIDAL, qui ne verse plus de redevances depuis le 29/06/2026 sur les titres qu'il identifie comme entièrement générés par IA, les étiquette depuis la mi-juillet 2026 (Resident Advisor, 30/06/2026 ; TIDAL Support, 20/07/2026).
En France, le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) a tracé une ligne voisine en se plaçant sur le terrain du droit d'auteur. Le rapport de mission sur le statut des productions de l'intelligence artificielle, publié le 16/07/2026, distingue « la création hybride, dans laquelle l'humain conserve un rôle créatif et qui peut bénéficier de la protection par le droit d'auteur si le seuil d'originalité est franchi », de « la production synthétique, générée sans intervention humaine significative et qui demeure étrangère au droit d'auteur » (ministère de la Culture, 16/07/2026).
Le manifeste y ajoute un principe. La déclaration doit venir d'abord de l'artiste, nommer les outils et s'accompagner d'un droit de recours lorsque la détection d'une plateforme aboutit à une autre conclusion.
Sources
- Spécification technique C2PA v2.4 (04/2026) : https://spec.c2pa.org/specifications/specifications/2.4/specs/C2PA_Specification.html
- Suno, Safety (mis à jour le 01/10/2026) : https://suno.com/safety et Suno Credentials : https://suno.com/suno-credentials
- Undetectr, les Content Credentials C2PA expliqués (09/2026, source secondaire, affirmations non vérifiées sur Spotify et Udio) : https://undetectr.com/blog/c2pa-content-credentials-explained
- Base de connaissances DDEX, ERN (version actuelle 4.3.2) : https://kb.ddex.net/implementing-each-standard/electronic-release-notification-message-suite-(ern)/
- Sound Credit, AI Credits (2026) : https://www.soundcredit.com/blog/sound-credit-introduces-ai-credits
- Spotify newsroom, Spotify renforce ses protections face à l'IA (25/09/2025) : https://newsroom.spotify.com/2025-09-25/spotify-strengthens-ai-protections/
- Digital Music News, Spotify teste des mentions IA dans les crédits avec DistroKid (22/04/2026) : https://www.digitalmusicnews.com/2026/04/22/spotify-tests-ai-credit-labels-distrokid/
- Rights Docket, la déclaration de l'IA dans les parcours de mise en ligne (2026) : https://www.rightsdocket.com/insights/ai-music-disclosure-distrokid-spotify-apple-music-2026
- MacRumors, Apple Music va étiqueter les chansons générées par IA (20/08/2026) : https://www.macrumors.com/2026/08/20/apple-music-to-label-ai-generated-songs/
- Commission européenne, FAQ sur les obligations de transparence de l'article 50 : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/faqs/transparency-obligations-under-article-50-ai-act
- Commission européenne, premier projet de code de bonnes pratiques (17/12/2025) : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news/commission-publishes-first-draft-code-practice-marking-and-labelling-ai-generated-content
- Reed Smith, adéquation du code de bonnes pratiques et lignes directrices finales (07/2026) : https://www.reedsmith.com/our-insights/blogs/viewpoints/102nbz0/transparency-obligations-for-ai-generated-content-the-code-of-practice-adequacy/
- Morgan Lewis, ce qui est entré en vigueur le 02/08/2026 (08/2026) : https://www.morganlewis.com/blogs/sourcingatmorganlewis/2026/08/eu-ai-acts-transparency-rules-what-went-into-effect-on-2-august
- Commission européenne, publication du code de bonnes pratiques sur le marquage et l'étiquetage des contenus générés par IA (10/06/2026) : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news/commission-publishes-code-practice-marking-and-labelling-ai-generated-content
- Commission européenne, icônes de l'UE pour signaler les contenus générés par IA (mise à jour du 24/09/2026) : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/eu-icons-labelling-ai-generated-content
- Commission européenne, lignes directrices sur les obligations de transparence : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/guidelines-ai-transparency-obligations
- Chine, mesures sur l'identification des contenus générés ou synthétisés par IA (en vigueur le 01/09/2025), présentation par MMLC Group (source secondaire) : https://mmlcgroup.com/china-ai-labelling-rules/
- Cooley, la loi-cadre coréenne sur l'IA (27/01/2026) : https://www.cooley.com/news/insight/2026/2026-01-27-south-koreas-ai-basic-act-overview-and-key-takeaways
- Gazette de l'Inde, IT Amendment Rules 2026, G.S.R. 120(E) du 10/02/2026 : https://egazette.gov.in/WriteReadData/2026/269993.pdf et analyse Freshfields : https://www.freshfields.com/en/our-thinking/blogs/technology-quotient/india-targets-deepfakes-and-ai-generated-content-key-changes-under-meitys-2026-102mjwn
- CASRAI, SB 942 applicable depuis le 02/08/2026 (source secondaire) : https://casrai.org/news/california-sb-942-ai-transparency-act-effective-august-2026
- Honigman, la loi new-yorkaise sur les interprètes de synthèse (en vigueur le 09/06/2026) : https://www.honigman.com/the-matrix/understanding-new-yorks-synthetic-performer-disclosure-law-impacts-businesses-steps-compliant
- Holland & Knight, la commission judiciaire du Sénat adopte le NO FAKES Act (06/2026) : https://www.hklaw.com/en/insights/publications/2026/06/senate-judiciary-committee-advances-legislation-to-protect-name
- Deadline, Ted Cruz bloque le NO FAKES Act au Sénat (30/09/2026) : https://deadline.com/2026/09/ted-cruz-no-fakes-act-senate-1237143753/
- Music Business Worldwide, des sénateurs relancent l'AI Labeling Act (30/06/2026) : https://www.musicbusinessworldwide.com/us-senators-revive-bill-to-force-ai-generated-audio-video-and-images-to-carry-labels/
- Maison-Blanche, décret « Ensuring a National Policy Framework for Artificial Intelligence » (11/12/2025) : https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/12/eliminating-state-law-obstruction-of-national-artificial-intelligence-policy/
- Gouvernement britannique, rapport sur le droit d'auteur et l'intelligence artificielle (18/03/2026) : https://www.gov.uk/government/publications/report-and-impact-assessment-on-copyright-and-artificial-intelligence/report-on-copyright-and-artificial-intelligence
- Digital Music News, campagne des musiciens et acteurs britanniques contre le clonage vocal (28/08/2026) : https://www.digitalmusicnews.com/2026/08/28/uk-campaign-against-voice-cloning-ai/
- UNESCO, les créateurs exposés à des pertes de revenus pouvant atteindre 24 % d'ici 2028 (18/02/2026) : https://www.unesco.org/en/articles/creators-face-projected-global-revenue-losses-24-2028-new-unesco-report-shows
- Déclaration finale de MONDIACULT 2025 (01/10/2025) : https://www.cultura.gob.es/dam/jcr:7adc95cc-7c6b-4cc5-b935-bae3ab872a2a/251001-declaracion-final-mondiacult2025.pdf
- OMPI, Conversation sur la propriété intellectuelle et les technologies de pointe : https://www.wipo.int/en/web/frontier-technologies/frontier_conversation
- OMPI, séance d'information sur le droit d'auteur et l'IA générative, SCCR 48 (21/05/2026) : https://webcast.wipo.int/video/SCCR_48_2026-05-21_PM_88481f30-304d-4ef2-738e-08deaff9ce9f
- CISAC, étude CISAC/PMP Strategy sur l'IA : https://www.cisac.org/services/reports-and-research/cisacpmp-strategy-ai-study
- World Standards Cooperation, collaboration sur le tatouage numérique, l'authenticité des contenus et la détection des hypertrucages : https://www.worldstandardscooperation.org/standards-collaboration-on-ai-watermarking-multimedia-authenticity-and-deepfake-detection/
- Fix Planet, état des ratifications de la convention-cadre du Conseil de l'Europe (source secondaire) : https://fixplanet.org/law/coe-ai-framework-convention/
- Moncloa.com, le projet de loi espagnol sur l'IA (27/05/2026) : https://www.moncloa.com/2026/05/27/ley-ia-espana-contenidos-identificacion-3380073/
- Parlement européen (EPRS), l'approche danoise du droit d'auteur face aux hypertrucages (01/2026) : https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/ATAG/2026/782611/EPRS_ATA(2026)782611_EN.pdf
- Ministère de la Culture, publication du rapport de mission du CSPLA sur le statut des productions de l'intelligence artificielle (16/07/2026) : https://www.culture.gouv.fr/nous-connaitre/organisation-du-ministere/conseil-superieur-de-la-propriete-litteraire-et-artistique-cspla/travaux-et-publications-du-cspla/missions-du-cspla/rapport-de-mission-sur-le-statut-des-productions-de-l-intelligence-artificielle
- Decoded Magazine, Traxsource lance des étiquettes de transparence sur l'IA (23/06/2026) : https://www.decodedmagazine.com/traxsource-launches-ai-transparency-labels-including-ai-assisted-and-human-made/
- Resident Advisor, TIDAL introduit des étiquettes pour la musique IA (30/06/2026) : https://ra.co/news/85507
- TIDAL Support, AI Policy (page d'aide mise à jour le 20/07/2026) : https://support.tidal.com/hc/en-us/articles/48031883413521-AI-Policy
- Deezer newsroom, la musique IA dépasse 50 % des envois quotidiens (21/07/2026) : https://newsroom-deezer.com/fr/2026/07/musique-ia-depasse-50-pourcent-uploads-deezer/
Les citations de sources anglophones sont traduites par nos soins.
Mis à jour le 13/10/2026
